Commerce international: dans les cuisines de l’export, Morceaux choisis

Autour du buffet à volonté qu’est le commerce mondial, les convives, les marmitons et autres serveurs sont à couteaux tirés. «  C’est graphe, docteur »? La chronique de Ludovic Subran (Euler Hermes), Enjeux Les Echos, Juin 2015.
L’appétit vient en mangeant, et l’export en exportant. Pourtant, au menu du commerce mondial, il y a matière à tomber sur un os, voire plusieurs: près de 800 mesures protectionnistes depuis un peu plus d’un an, et ça continue. Russie, Inde, Brésil, Indonésie, Afrique du Sud, Chine, Argentine, Vietnam, Mexique et Turquie en tête: les émergents en ont marre des pique-assiettes et le font savoir (voir graphique). Ces petits meurtres entre amis (barrières tarifaires, changements de normes) passent souvent inaperçus, sauf pour les entreprises directement concernées. Qui connaît l’interdiction d’importer du riz en Gambie, ou les taxes sur l’acide citrique chinois au Kazakhstan? Pourtant, mises bout à bout, ces mesures nuisent à l’idée d’un grand festin mondial où chacun peut aller chercher un client à Singapour ou en Equateur. Elles sont le pendant de négociations multilatérales qui pataugent depuis plus de dix ans. S’il fait mouche, le Traité transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) sera le plus gros accord protectionniste au monde, puisqu’il exclut pour l’instant l’Afrique et l’Asie. A moins qu’il ne fasse tache d’huile et ne devienne le Traité que tout le monde veut signer: l’avenir nous le dira. En attendant, au menu, c’est velouté de concurrence sur les prix en entrée, mijoté de protectionnisme en plat et meringue d’impayés en dessert: 560milliards de dollars de revenus en moins à l’export en 2015, des centaines de surprises tarifaires et des délais de paiement qui augmentent et s’ajoutent aux risques politiques et de change. Pour éviter l’indigestion, et même si le gâteau grossit peu (+1,8% de croissance du commerce mondial en valeur attendu cette année), il reste des restaurants trois étoiles où déguster des parts de marché: Colombie, Pologne, Emirats arabes unis… Après, tout est affaire de goût!

Commerce international: dans les cuisines de l’export, Morceaux choisis.

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