Asean :les relations commerciales avec la France – Horizon Asean-Ambassade de France Singapour

Appareil exportateur français en ASEAN en 2014 : les ETI en première ligne

Les 10 921 entreprises, qui ont exporté depuis la France vers les pays de l’ASEAN en 2014, ont généré 3,1% des exporta- tions françaises totales (soit 13,3 Mds EUR).

Malgré un nombre relativement important d’entreprises exportatrices vers l’ASEAN, les montants unitaires expor- tés restent modestes
Au total, quelques 6 005 entreprises ont exporté vers Singapour en 2014 (1er pays d’accueil, avec 2 803 exporta- teurs opérant exclusivement sur le marché de la cité-Etat), 3 864 vers la Thaïlande (2ème, 1 262) et 3 287 vers la Malai- sie (3ème, 865). A titre de comparaison, plus de 10 950 en- treprises avaient exporté depuis la France vers le Japon et 6 870 vers l’Australie. La moyenne du chiffre d’affaire à l’export par entreprise réalisé en ASEAN-4 est modeste (178 360 EUR), bien que les entreprises actives sur le marché philippin se démarquent en réalisant un chiffre d’affaire unitaire à l’export de 1,1 M EUR en 2014 en raison des ventes d’appareils aéronautiques.

Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) représentent la majorité du montant exporté vers l’ASEAN en 2014

Les PME de 10 à 250 salariés représentent près de 50% des entreprises exportant de la France vers l’ASEAN, mais génèrent moins de 1% du montant total des ventes réali- sées dans la région en 2014 (soit 50,5 M EUR). A l’inverse, les ETI ont généré 71% des exportations réalisées en ASEAN en 2014 (soit 9,6 Mds EUR) bien qu’elles ne représentent que 22% du nombre total d’exportateurs dans la région. Les grandes entreprises représentent 7% des entreprises ex- portatrices pour près de 3 Mds EUR de ventes (22%). Cette part relativement faible peut s’expliquer par la capacité des grandes entreprises à disposer de sites de production im- plantés dans les pays de la région et dont les flux ne sont pas comptabilisés par les Douanes françaises.

Les marchés des pays de l’ASEAN représentent en moyenne 7% du montant total exporté pour chacune des entreprises présentes dans la région

Les entreprises qui exportent de la France vers le Cam- bodge y ont réalisé en moyenne 11% de leur chiffre d’affaire export en 2014, contre 9% pour celles exportant à Singapour, 8% au Vietnam et 2% au Brunei. Ces ratios sont par ailleurs sensiblement supérieurs à l’importance de ces 11 marchés dans le total des exportations françaises (res- pectivement 3% pour l’ASEAN, 1% pour Singapour, 0,6% pour la Malaisie et 0,4% pour les Philippines en 2014). A noter, 2 104 entreprises réalisent plus de 10% de leur chiffre d’affaire dans les pays de l’ASEAN et 428 plus de 50% du total de leurs ventes.

Un nombre limité de départements représente la majorité des exportations vers l’ASEAN
Les entreprises du département de Haute-Garonne sont celles qui exportent le plus en valeur vers les pays de

l’ASEAN (4,7 Mds EUR en 2014 soit 34% du total des expor- tations françaises vers la région), principalement en raison de la présence de certaines chaînes d’assemblage d’Airbus (dont celle de l’A380) dans le chef-lieu de Toulouse. Ces entreprises ont principalement échangé avec les Philip- pines, la Malaisie et l’Indonésie. Le département des Hauts- de-Seine arrive en 2ème position avec 1,3 Md EUR, suivi par Paris (1,3 Md EUR) et la Charente (4ème position avec 514,3 M EUR, qui s’expliquent par les ventes de cognac vers Singapour notamment). En nombre d’entreprises, Paris prend la tête du classement avec 1 350 entités qui ont ex- porté vers l’ASEAN en 2014, loin devant les Hauts-de-Seine (561) et le Rhône (485).

Source : Base de données de l’INSEE Contact : Jerome.Olympie@dgtresor.gouv.fr

AMBASSADE DE FRANCE A SINGAPOUR – SERVICE ECONOMIQUE REGIONAL

HORIZON ASEAN – Septembre 2016 © DG Trésor
Une tendance à la reprise des IDE français en ASEAN qui devrait se confirmer en 2016

Les flux d’IDE français en ASEAN-10 ont atteint 1,7 Md EUR en 2014 et 420,8 M EUR en 2015 après deux années de désinvestissement. Cette reprise devrait en outre se pour- suivre à l’avenir, compte tenu des nouvelles perspectives d’investissement attendues dans les économies les moins avancées de la région (Birmanie, Cambodge, Laos).

Le dynamisme des investissements français en ASEAN a ralenti après une année 2014 exceptionnelle, mais reste soutenu en 2015
Les entreprises françaises consolident leurs positions et poursuivent leur développement en ASEAN. Après deux années marquées par un léger désinvestissement (-100,0 M EUR en 2012 et -70,9 M EUR en 2013), les flux d’IDE en- trants dans la région sont redevenus positifs en 2014 pour atteindre 1,7 Md EUR (le montant le plus élevé à ce jour) et 420,8 M EUR en 2015.

Le stock d’IDE français en ASEAN a atteint 17,4 Mds EUR fin 2015 et a augmenté de 6,1% en 2015 (après une année 2014 particulièrement favorable à +12,6%), une progres- sion cependant plus lente que celle du stock total d’IDE français dans le monde (+7,4 à 1 101,1 Mds EUR).

La cité-Etat reste la 1ère destination des IDE français dans la région, représentant 61,6% du stock français en 2015 en ASEAN (soit 10,7 Mds EUR), loin devant la Thaïlande (18,1% soit 3,1 Mds EUR), l’Indonésie (14,4% ; 2,5 Mds EUR) et le Vietnam (543,8 M EUR). La Malaisie, pourtant 3ème écono- mie de la région en termes de PIB par habitant, est le pays où le stock d’investissements français est le plus faible en ASEAN-6 (hors Philippines – cf. encadré), à 493,7 M EUR. Les trois pays les moins avancés et le Vietnam enregistrent les meilleures performances en termes de croissance du stock d’IDE français : +37,9% en ga pour le Cambodge, +12,9% pour le Laos, +24,6% pour la Birmanie et +30,7% au Vietnam. La présence française dans cette sous-région reste cependant modeste, représentant seulement 7,4% de l’investissement total en ASEAN et 0,1% au niveau mondial.

L’année 2016 devrait voir se confirmer cette tendance à la progression des investissements français en ASEAN, suite à la signature de plusieurs grands contrats
Si le rachat par l’armateur français CMA CGM de son con- current singapourien Neptune Orient Lines pour 2,2 Mds EUR reste l’opération la plus emblématique, nos entre- prises ont également été très actives dans les pays les moins avancés de la région. Ainsi, Bolloré Transport & Logistics a signé le contrat de concession du nouveau port de Dili au Timor-Oriental, représentant un investissement de 490 M USD sur 30 ans. En Birmanie, EDF a signé un mé- morandum d’entente avec les autorités en décembre 2015

pour la construction d’une centrale hydroélectrique de 1,4 Md USD et AccorHotels a annoncé son intention de cons- truire six nouveaux hôtels d’ici à 2019.

Eclairage méthodologique : le cas des Philippines

D’un point de vue comptable, le stock d’IDE français est devenu négatif aux Philippines : -773,6 M EUR en 2015. La première explication est d’ordre méthodologique. La se-

conde concerne la cession des actifs détenus par Lafarge Republic Inc. aux entreprises Aboitiz Equity Ventures (Phi- lippines) et CHR Holdings (Royaume-Uni) en septembre 2015 pour un montant de 1,1 Md EUR. La troisième con- siste en un rapatriement des bénéfices réalisés sur le terri- toire philippin par les entreprises françaises à hauteur de 270,9 M EUR. Les flux annuels d’IDE sont des données fluc- tuantes qui doivent donc être interprétés avec prudence.

La Thaïlande devrait maintenir sa place de 2ème destina- taire des flux d’IDE français en 2016 malgré le rachat par Thai Charoen Corporation en début d’année de plus de 58% des parts détenues par le groupe français Casino-Guichard- Perrachon dans la chaîne thaïlandaise de supermarchés Big C Supercenter pour un montant de 3,4 Mds USD. PSA Peu- geot Citroën prévoit ainsi d’effectuer des investissements supplémentaires dans le pays et Alcatel-Lucent a signé un contrat d’équipement de réseau de télécommunication en juin 2015 avec l’opérateur national AIS. De plus, l’entreprise japonaise Marubeni (en partenariat avec Alstom) a signé un contrat d’ingénierie, de fourniture des équipements et de construction d’une centrale électrique au lignite de 1 Md USD avec l’Autorité de production électrique de Thaïlande. Cette centrale sera la première du genre en Asie à fonc- tionner dans des conditions ultra-supercritiques (c.-à-d. un rendement plus élevé réduit les émissions de CO2).

Les entreprises françaises des secteurs de l’énergie de- vraient rester actives en ASEAN en 2016. Si l’entreprise qatarie Nebras Power a racheté à Engie une participation de 35,5% dans l’entreprise indonésienne PT Paiton Energy (2016), Suez Environnement SA a à l’inverse racheté les 40% de participation restantes de l’entreprise singapou- rienne SembSita Pacific Pte Ltd (348 M USD).

** *

L’Asie du Sud-Est se positionne très favorablement face aux autres régions émergentes (Amérique latine, Chine) tant en termes de dynamique de croissance qu’en termes de coût relatif du travail, même si des efforts restent à accomplir en matière d’infrastructures logistiques, de niveau de qualifica- tion des populations et de qualité des institutions.

Contact : Jerome.Olympie@dgtresor.gouv.fr

AMBASSADE DE FRANCE A SINGAPOUR – SERVICE ECONOMIQUE REGIONAL

HORIZON ASEAN – Septembre 2016 © DG Trésor
Evolution des parts de marché dans l’ASEAN-6 en 2015 : progression de l’interdépendance avec la Chine

La part de marché de la Chine en ASEAN continue de pro- gresser au détriment de celles des autres pays
Le poids de la Chine dans les importations d’ASEAN-6 a poursuivi sa progression en 2015 pour atteindre 22,8% contre 18,0% en 2014 et 7,4% dans les années 2000, en

raison notamment d’une demande soutenue en prove- nance du Vietnam (+3,6 points de pourcentage, pdp), de l’Indonésie et de la Thaïlande (+3,4 pdp) ainsi que de Singa- pour (+2,1 pdp).

Si les parts de marché des pays de l’ASEAN restent relati- vement stables à 21,7% pour la troisième année consécu- tive, légèrement en dessous de leur tendance historique de 22%, ceux-ci perdent leur place de 1er fournisseur des pays de l’ASEAN-6, pour la première fois au profit de la Chine. Concernant les pays du G3, si les performances à l’exportation vers l’ASEAN-6 des Etats-Unis progressent de +0,2 pdp à 7,7%, le Japon et l’Union européenne voient leurs parts de marché poursuivre leur déclin (respective- ment de -0,2 pdp et -0,4 pdp à 8,8% et 9,2% en 2015). L’Allemagne demeure le 1er fournisseur européen de la région, avec 2,7% des parts du marché régional, suivie par la France (1,5% de parts de marché), le Royaume-Uni (1,1%) et l’Italie et les Pays-Bas (0,9%).

Parts de marché (12 mois cumulés)

Des parts de marché françaises relativement stables

Contrairement aux autres pays européens, les parts de marché françaises en ASEAN sont restées stables sur la décennie (1,5% en 2005 également). Cette tendance s’explique principalement par leur forte composante aéro- nautique (plus d’1/3), un segment dynamique en ASEAN-6 sans véritable concurrence régionale et pour lequel les demandes indonésienne et vietnamienne devraient forte- ment progresser dans les années à venir avec le dévelop- pement des infrastructures et l’élévation des niveaux de vie. Cependant, la baisse de nos ventes de matériels de transport aux Philippines et en Malaisie explique qu’après deux années d’excédent (dont une année record en 2013 à 1,8 Md EUR), notre solde commercial soit redevenu défici- taire de -967,8 M EUR en 2015.

Parts de marché (12 mois cumulés)

Contrairement à ses voisins, la France enregistre une pro- gression de ses exportations à destination de l’Indonésie en 2015 (+0,2% à 1,3 Md USD), qui s’explique notamment par la livraison d’un A330 à Garuda Indonesia, de trois A330 à Lion Air et de cinq A320 à Batik Air. Les parts de marché de l’Hexagone atteignent ainsi 0,9% en 2015, permettant à la France de préserver son rang de 3ème exportateur euro- péen, derrière l’Allemagne (2,4% de pdm) et l’Italie (1,0%). Si en Malaisie, la France peine à maintenir sa présence avec des parts de marché en baisse de 0,5 pdp sur l’année (à 1,3% en 2015) et une nette contraction de ses exportations (-41,2%), les livraisons aéronautiques devraient toutefois repartir à la hausse dès cette année grâce aux commandes de la compagnie AirAsia, 1er client d’Airbus dans la région. Aux Philippines, la France voit ses parts de marché reculer de 3,5% en 2014 à 1,6% en 2015, mais reste le 2ème fournis- seur européen de l’Archipel derrière l’Allemagne (3,8%). La signature du protocole d’accord entre Philippines Airlines et Airbus début 2016 pour l’achat de six A350-90 (1,9 Md USD) pourrait dynamiser nos ventes à court terme.

Les parts de marché françaises à Singapour progressent en 2015 de 0,3 pdp pour atteindre 2,5% et se rapprochent ainsi de celles de l’Allemagne (3,0%). Nos exportations ont diminué de 9,9% à 7,3 Mds USD malgré le dynamisme de nos ventes aéronautiques (livraison de quatre A330 à Sin- gapore Airlines).

En Thaïlande et au Vietnam, les ventes françaises progres- sent respectivement de 11,9% à 2,7 Mds USD (1,4% pdm) et de 51,5% à 1,7 Md USD (0,8%). La signature début sep- tembre de plusieurs contrats avec différentes compagnies aériennes vietnamiennes pour un montant cumulé de 6,5 Mds USD (cf. page 2) devrait soutenir la dynamique de croissance de nos ventes aéronautiques au Vietnam à moyen terme.

Contact : Jerome.Olympie@dgtresor.gouv.fr

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