Marchés, culture..

 Sommaire:

L’Asean

Coups de coeur littéraires

Interculturel

L’Asean

Présentation

Créée en 1967 par l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour et la Thaïlande dans le contexte de la guerre du Vietnam, l’ASEAN a progressivement changé de nature (sa priorité était initialement la lutte anti-communiste). Elle regroupe aujourd’hui dix pays depuis l’adhésion progressive des autres pays d’Asie du Sud-Est (Brunei:1984, Vietnam:1995, Birmanie, Laos:1997, Cambodge:1999). Le Timor oriental est candidat à l’adhésion.

1. L’ASEAN a du faire face à plusieurs défis.

La crise financière et économique asiatique de 1997-1998, l’effacement de l’Indonésie, qui en était l’un des éléments moteurs, l’entrée des pays les plus faibles dits « CLMV » (Cambodge, Laos, Birmanie, Vietnam) au sein de l’ASEAN ont porté un coup à la coopération et à l’intégration régionales. Les pays membres font face au défi du renforcement des capacités institutionnelles, humaines et financières de l’organisation et du développement du rôle de son secrétariat, qui a pour l’heure uniquement une fonction administrative).

L’ASEAN a permis plusieurs avancées en matière de coopération régionale :

- structuration autour de l’ASEAN du dialogue régional à travers les différents formats que sont ASEAN + Chine, ASEAN + Japon, ASEAN + Corée du Sud puis ASEAN + 3 par exemple ;
- formalisation du dialogue avec l’Europe, à travers l’ASEM, à l’origine duquel se trouvent Singapour et la France ; création de l’Asean Regional Forum, qui est toujours le seul organe de dialogue sur la sécurité régionale existant dans la région ;
- progrès de la diplomatie préventive dans le cadre de ces différents formats (par exemple : code de conduite en mer de Chine du Sud en 2002 qui a relégué au second plan les disputes de souveraineté sur les Spratleys et Paracels).

Par ailleurs, sur le plan économique, les performances économiques des pays membres de l’ASEAN dans sa globalité sont très bonnes, malgré des différences marquées des niveaux de développement entre ses membres. La zone ASEAN affiche une croissance moyenne de 5,5% en 2005 et a attiré 38 milliards de dollars américains en investissements directs étrangers (+ 48% par rapport à 2005). Les exportations progressent d’environ 15% par an. Toutefois, les progrès dans l’intégration économique régionale ne sont pas aussi marqués : la proportion de commerce intra-régional s’élève à 25% du commerce global de l’organisation, et ce pourcentage est stable depuis plusieurs années.

2. Un effort pour donner une nouvelle dynamique à l’ASEAN.

Les pays de l’ASEAN, en particulier ses membres fondateurs, soucieux de donner à l’Organisation les moyens de ses ambitions, ont décidé d’élaborer une Charte de l’ASEAN, qui devrait donner un cadre institutionnel renforcé à l’association et avancer dans la voie de l’intégration. Un groupe de réflexion (Eminent Persons Group) composé de personnalités de la région, a été chargé d’émettre des recommandations sur la nature et les orientations de la Charte.

Les objectifs affichés ne manquent pas d’ambition. En 2003, le « Concord » de Bali II a fixé pour objectif à l’ASEAN la mise en place d’ici 2020 de ses trois piliers : une communauté de sécurité, une communauté économique et une communauté socioculturelle, qui doivent permettre l’émergence d’une communauté des nations d’Asie du Sud-Est. Les pays membres sont en effet aujourd’hui confrontés à des questions de plus en plus complexes dans le domaine de la sécurité régionale (terrorisme international, différends territoriaux en mer de Chine du sud, piraterie maritime), de la coopération économique (compétitivité de la Chine et de l’Inde, négociations interminables sur les accords de libre-échange), de la santé (grippe aviaire, SRAS), de l’environnement (pollutions transnationales), questions auxquelles ils s’efforcent de répondre en développant des approches régionales.

3. L’ASEAN, un partenaire clé de notre politique asiatique.

Le Président de la République a annoncé notre souhait d’adhérer au Traité d’amitié et de coopération (TAC) en Asie du Sud-Est au cours de son voyage en Thaïlande en février 2006. Le TAC a été conclu le 24 février 1976 en Indonésie par les cinq pays fondateurs de l’ASEAN, l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour et la Thaïlande.

Ce Traité institutionnalise les grands principes de base de l’ASEAN (respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’identité nationale, non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats membres, renonciation au recours à la force ou à la menace d’un tel recours, règlement pacifique des différends).

Sont parties au Traité les 10 Etats membres de l’ASEAN ainsi que les pays hors ASEAN qui ont souhaité renforcer leurs liens avec l’Association, comme la Chine, l’Inde, le Japon, le Pakistan, la Corée du Sud, la Russie, la Mongolie, la Nouvelle-Zélande (juillet 2005), et l’Australie (décembre 2005).

Les 10 Etats membres de l’ASEAN ont approuvé à l’unanimité l’adhésion de la France, qui sera formalisée le 13 janvier 2007 à Cebu aux Philippines, dans le cadre du 12ème sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’ASEAN.

Sur le plan économique, notre part de marché moyenne reste faible (autour de 1%) et nos échanges déficitaires. Nos principaux marchés, dans l’ordre, sont Singapour (40% des exportations et 30% des importations), la Malaisie et la Thaïlande, suivis des Philippines, de l’Indonésie et du Vietnam. La France s’est ainsi hissée au rang de onzième investisseur étranger et de troisième investisseur européen derrière les Pays-Bas et l’Allemagne, avec une part de 6% des flux d’investissements directs étrangers (IDE) se dirigeant vers la zone.

4. Les relations UE/ASEAN

La Commission européenne a été le premier acteur international à établir des relations informelles avec l’ASEAN en 1972. Elle est devenue partenaire de dialogue en 1977. L’Union européenne est le troisième partenaire commercial après les Etats-Unis et le Japon et le deuxième marché d’exportation pour l’ASEAN derrière les Etats-Unis. La période 2005-2006 a été riche pour la coopération UE/ASEAN : les échanges commerciaux et les investissements européens en Asie du Sud-Est ont continué de croître.

Sur le plan commercial, en 2003, le Commissaire Lamy a présenté une initiative UE/ASEAN sur les échanges (Transregional EU-ASEAN Trade Initiative – TREATI) dont l’objectif est d’améliorer les relations commerciales entre les deux régions, à travers une coopération en matière de réglementation sur la facilitation des échanges et d’accès aux marchés. A l’automne 2006, prenant acte de la suspension des négociations du cycle de Doha, la Commission européenne, désireuse de faire de l’ASEAN l’une des priorités de son agenda commercial, s’est déclarée prête, lors de sa communication « l’Europe globale : concourir à travers le monde » à étudier la faisabilité d’accords de libre-échange avec de nouveaux partenaires, parmi lesquels l’ASEAN.

S’agissant de la coopération, le « Nouveau partenariat pour l’Asie du Sud-Est », communiqué par la Commission en 2003, offre un cadre stratégique pour renforcer la qualité et la visibilité des relations entre l’UE et les pays d’Asie du Sud-Est dans des domaines tels que la lutte contre le terrorisme, la bonne gouvernance, les droits de l’homme, la justice et les affaires intérieures, les échanges régionaux, l’aide au développement pour les pays les moins prospères. Sur la période 2000-2005, l’UE a programmé quelque 80 millions d’euros pour soutenir des projets avec l’ASEAN (commerce, énergie, environnement, renforcement des capacités, enseignement supérieur).

Sur le plan politique, l’Union européenne a participé à la mission d’observation de l’accord de paix à Aceh (Aceh Monitoring Mission-AMM) aux côtés des pays de l’ASEAN [1]. Les phases de surveillance et de désarmements des rebelles sont à présent terminées et le bilan des opérations est positif. Le parlement indonésien a fini par adopter la Loi sur le gouvernement d’Aceh (LOGA) en juillet 2006 ; les élections ont eu lieu le 11 décembre 2006. Une mission d’observation électorale de l’Union européenne en a suivi le déroulement (100 personnes environ). La France y participait avec 5 observateurs. L’Aceh Monitoring Mission a fourni une illustration concrète et couronnée de succès de déclarations d’intention européennes favorables à l’essor de notre coopération dans ce domaine.

L’Union européenne participe par ailleurs à la réunion annuelle du forum de dialogue sur la sécurité régionale, l’Asean Regional Forum (ARF), au niveau de la présidence, du Conseil et du Secrétaire général/Haut représentant pour la PESC.

L’annonce de notre adhésion au TAC a entraîné une réflexion au niveau de l’Union européenne, qui a fait part également de son souhait d’adhérer au TAC, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’ASEAN à Kuala Lumpur en juillet 2006. Pour que l’UE puisse adhérer, le TAC doit maintenant être modifié pour permettre l’adhésion non seulement des Etats mais aussi des organisations internationales.(sources France Diplomatie)

Par Emmanuel Maistre chrétien, donc engagé !

«Oui, la société multiculturelle est un échec. La vérité, c’est que dans toutes nos démocraties, on s’est trop préoccupé de l’identité de celui qui arrivait et pas assez de l’identité du pays qui accueillait»… Nicolas Sarkozy en France, Angela Merkel en Allemagne, David Cameron au Royaume-Uni, Silvio Berlusconi en Italie, Pal Shmitt en Hongrie… face à leur incapacité à endiguer une crise non seulement économique mais également sociétale et identitaire, les hommes politiques européens s’acharnent sur le caractère pluriculturel de nos sociétés laissant entendre que c’est là, la source de l’impasse dans laquelle nous nous trouvons. Mais la société multiculturelle n’est pas un échec. Elle est un fait, qui n’est d’ailleurs en rien nouveau ou contemporain. En revanche, et cela est nouveau, notre société est aujourd’hui dans l’incapacité de produire des repères et des valeurs communes permettant un vivre ensemble favorisant la cohésion sociale.

De fait, notre société a connu en un demi siècle une mutation sociétale et économique inédite. La cohésion sociale basée sur des siècles d’histoire et de valeurs nationale, religieuse et identitaire collectives a été balayée par un individualisme forcené et une affirmation de la primauté de l’individu porté par un libéralisme réduit à sa plus simple expression, la consommation.

Aujourd’hui, face au désarroi de la crise économique et de cette société morcelée, la tentation est générale d’en faire porter l’échec sur l’étranger, sa religion, sa culture. Or, ces populations et leurs cultures issues d’Orient, d’Asie, d’Afrique… sont désormais pleinement partie intégrante de la société française et de son histoire. Elles doivent être pleinement actrices de la construction du vivre-ensemble de nos sociétés du XXIe siècle qui, pour être durable, ne peuvent qu’être interculturelles.

Dès lors, qu’attend-on pour construire cette société interculturelle?  Va-t-on attendre son effondrement au risque de la guerre de tous contre tous ou des communautés contre les communautés?  Faire advenir une société interculturelle est bien plus complexe que de laisser se développer une société communautaire ou faire perdurer une société prétendument universaliste dans laquelle seule une minorité se reconnait désormais, mais c’est inévitable pour un vivre ensemble durable et l’harmonie sociale à laquelle nous aspirons tous.

C’est pourquoi deux journaux, l’un de culture(s) chrétienne(s), l’hebdomadaire Témoignage chrétien, l’autre de culture(s) musulmane(s), le mensuel Salamnews, ont décidé d’initier une campagne de mobilisation en faveur du développement d’une société interculturelle. Cette mobilisation sera lancée à Paris le 19 novembre dans le cadre d’une journée intitulée « Une société interculturelle est possible » qui accueillera notamment parmi la trentaine d’intervenants Stéphane Hessel, Alain Touraine, Jean Baubérot, Esther Benbassa, Fatine Layt, Michel Sauquet, Fred Poché, Betoule Fekkar-Lambiotte, Raphaël Liogier, Rachid Benzine, Dounia Bouzar, Fadila Mehal, Najat Azmy, Gabriel Hagaï, Bernard Devert, Christophe Deltombes.

Plus de vingt associations, médias et organisations parmi lesquels le Secours islamique, Emmaüs international, le CCFD-Terre solidaire, la Cimade, la revue Hommes et migrations, ATD Quart Monde, Habitat et humanisme, le Centre Sèvres, Radio Orient… se sont associés à ce mouvement. Ils y présenteront leurs initiatives pour une société interculturelle et signeront l’ « Appel pour la construction d’une société interculturelle » lancé à cet occasion et présenté aux candidats aux élections présidentielle et législative en 2012. Cette première journée sera suivie durant le premier semestre 2012 de rencontres débats de l’interculturalité organisées à travers la France.

Une campagne citoyenne pour dire aux décideurs qu’il y a urgence de (re)penser la cohésion sociale de notre société de demain mais déjà d’aujourd’hui.

Sources : le nouvel observateur

Plus d’info sur www.assisesinterculturelles.com

Mes coups de coeur littéraires

L’homme qui aimait les chiens: Leonardo Padura.

Roman historique autour de l’exil de Trotski, de la vie de son assassin, de la guerre civile espagnole, et du désastre du stalinisme …

https://mleguyaderawb.wordpress.com/2014/03/10/litteratureentrevista-al-escritor-cubano-leonardo-padura-no-se-puede-jugar-a-hacer-politica-desde-el-arte-lalineadefuego/

NTREVISTA AL ESCRITOR CUBANO. LEONARDO PADURA: “NO SE PUEDE JUGAR A HACER POLÍTICA DESDE EL ARTE”

Posted by lalineadefuego on mayo 10, 2013 · Dejar un comentario

Con El hombre que amaba a los perros (Tusquets, 2009), el cubano Leonardo Padura consiguió demostrar que, además de ser un notable autor del género policial negro (sus novelas protagonizadas por el detective Mario Conde son de las más celebradas en lengua castellana), es un escritor capaz de trabajar otras líneas literarias y de introducirse en la historia del siglo XX con gran destreza narrativa y enorme sensibilidad.

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Le récit débute par l’aveu de l’assassinat de Léon Trotsky, par le piolet lui défonçant le crâne et son long cri qui figea d’effroi son assassin Jacques Mornard, en fait Ramon Mercader.

Entre réalité et fiction (mais il est difficile de délier le vrai de l’imaginaire) Leonardo Padura, auteur cubain vivant et écrivant toujours à Cuba, va nous conduire dans des histoires mêlées. De la Révolution espagnole aux exils de Léon Trotsky, des plongées dans le Cuba contemporain aux amours du « Vieux »… par un fil conducteur, l’affection portée aux chiens par bien des protagonistes de cet ouvrage, de la victime au meurtrier.

Ce roman est aussi un livre historico-politique qui traite de la bureaucratie stalinienne, de la révolution trahie, de l’histoire du xxe siècle. Remarquable aussi, le contexte de son écriture par un auteur cubain ayant déjà écrit de nombreux romans noirs dont les principaux personnages sont Cuba et le policier « borderline » Mario Conde.

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L’auteur de l’Homme qui aimait les chiens (éd. Anne-Marie Métailié, 2011) vient de publier un nouveau roman, Herejes (Hérétiques, éd. Tusquets, Barcelone, 2013, non traduit). C’est un plaidoyer pour la liberté de création et un vibrant hommage aux hérétiques et aux déviants. Aussi bien ceux qui s’insurgeaient jadis contre les dogmes religieux, que les dissidents des pouvoirs temporels, nos contemporains.

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La Havane — L’écrivain cubain Leonardo Padura n’est pas un de ces « hérétiques » dont il a fait le titre de son dernier roman présenté cette semaine en Espagne: il se qualifie d' »hétérodoxe » vivant ses passions politiques, même s’il doit en payer le prix, affirme-t-il à l’AFP.

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L’homme qui aimait les chiens de Leonardo Padura . Excellent roman historique dont l’écriture dense , rythmée, riche nous fait revivre une histoire tourmentée, tragique, cruelle de la guerre civile espagnole ,des purges staliniennes et de l’intimité de Strostki. Une série de destins totalement romanesque.

Lecture facile, malgré une composition du roman qui peut paraitre surprenante à première vue.

Ramón Mercader et le destin tragique de Sylvia Ageloff

04 JANVIER 2012 |  PAR PHILIPPE MARLIÈRE

L’Homme qui aimait les chiens, le dernier roman de l’écrivain cubain Leonardo Padura, a connu un succès remarquable depuis sa publication en 2009. Il s’agit d’une œuvre de fiction atypique. Le livre est long (667 pages dans sa version française[1]), et il appartient à un genre littéraire particulier : le roman historique. Padura nous en avertit dans une note en épilogue : « (…) Souvenez-vous qu’il s’agit d’un roman, malgré l’étouffante présence de l’Histoire dans chacune de ses pages » (p. 669). L’auteur relate un des épisodes les plus troubles de l’histoire du mouvement communiste international : l’assassinat de Léon Trotski, opposant de la première heure au stalinisme, par Ramón Mercader, un communiste catalan, recruté par le NKVD, la police politique aux ordres de Staline.

Un roman historique à trois volets

Dragon de coeur -Olivier PAGE -Ed Lucien Souny

Des rencontres, des portraits… Des choses bien, des choses pas bien. Mais je suis indulgent c’est un breton, et en plus il aime le VIETNAM….

-Au Zénith -Duhong Thu HUONG – On va faire du facebook- je dirai : j’ai aimé.

Les rajahs blancs – Gabrielle WITTKOP_ -Verticales- pour les curieux de la Malaisie , version SARAWACK- C’est une incroyable histoire – Ils sont fous ces anglais… À défaut d’être un incroyable chef d’oeuvre.

Les Portes d’AnNam- François Xavier LANDRIN– Médecin BRETON à SAIGON. Il écrit ce roman, introuvable en FRANCE, car édité à compte d’auteur à Saigon.(Avis aux éditeurs bretons…) qui relate la riche histoire des bretons naturalisés vietnamiens  (Chaigneau, Vannier, DAYO,Barisy de KERLORET …)qui ont précédé les coloniaux français  avant et juste après la révolution française.

Les naufragés de l’Ile de Tromelin (Jai lu) Irène Frain – par un lorientaise cultivée et subtile -une écriture caméleon qui contraint à rejoindre l’histoire et son temps.

Le tristement célèbre Johnny Lim -(Pavillons ,Robert Laffont) Les romans sur la Malaisie sont  tellement  rares… Une bouffée d’exotisme qui donne envie d’approfondir.

Au rez de chaussée du paradis (Récits vietnamiens 1991-2003) Ed Picquier

Comment être jeune aujourd’ hui au Vietnam ? Dans ce pays où 70 % de la population a moins de trente ans, à quoi aspire une jeunesse qui n’a pas connu les souffrances de la guerre ni les désillusions idéologiques ? Pour le savoir, il faut lire ces quatorze récits d’écrivains, parmi les plus doués de leur génération. ‘Cent manières d’écrire pour donner au lecteur mille manières de lire.’ Qu’ils sondent le présent à l’aune de l’histoire ; évoquent les moeurs de la campagne ou les bars de nuit de la capitale ; jouent de la frontière entre réel et imaginaire ; explorent les forces obscures, primordiales enfouies dans le coeur de l’homme ou décrivent avec drôlerie les tracas quotidiens d’une jeune citadine… leurs voix multiformes sont animées par une égale audace, impertinence, soif de création. A la recherche de nouvelles techniques capables de traduire les nouveaux rapports au monde, sa complexité, la rapidité croissante avec laquelle il se transforme, ils incarnent la vitalité d’un pays en quête de modernité et de liberté.

La nuit nous a surpris – 10/18 Kien Nguyen
Sud Lointain -Omnibus- Erwan Bergot
Riz Noir (1O/18) Ana Moi
Vivre avec les vietnamiens- Philippe Papin et Laurent Passicousset Editions L’archipel Collection des Hommes et des pays .Sept 2010
 Lors d’un voyage récent dans sa ville d’origine, Saigon devenue Ho Chi Minh-VilleAnna Moï retrouva l’une de ses anciennes camarades de lycée, perdue de vue depuis quelque trente ans. C’est un monde dur, cruel, où les violences succèdent aux tortures, qui ressuscite dans ces pages. Un monde où le moindre signe d’humanité devient une raison d’espérer. C’est aussi l’histoire de la reconstruction d’une personnalité, qui aura su dépasser l’horreur en osant l’exprimer. C’est, enfin, tout un pan de l’histoire récente, trop vite oublié dans l’euphorie de la fin d’une guerre sans merci, qui nous est raconté de l’intérieur. Sans rien censurer ni taire, Anna Moï raconte cet itinéraire hors du commun d’une écriture très minimale et allusive, qui donne encore plus d’impact à ce livre et à ce qu’il révèle.L’embarcadère des femmes sans maris -Duong Hong (10/18)

Le Pentacle Roman de Christian Olivaux  dont le héro s’appelle Michel Le Guyader

INTERCULTUREL

Bien exporter c’est aussi bien connaître ses interlocuteurs
  Exporter est une forme de défi qu’encore trop peu d’entreprises en France décident de relever. Malgré les promesses d’eldorados, de croissance et de diversification que l’export peut véhiculer, les obstacles, imaginaires ou avérés, prennent souvent le pas et empêchent nos entrepreneurs de se lancer.

L’indicateur qui montre que la Chine pourrait bien être en danger | Atlantico.

SUR LE CERCLE
  • 08/12/2011 | 17:07
    L’export passe aussi par quelques précautions sur le terrain

    la suite

  • 20/08/2010 | 14:33
    PME, l’heure est venue d’exporter

    la suite

« Je ne parle pas de langues étrangères », « Je ne connais pas la législation en vigueur dans tel ou tel pays », « Qu’est-ce qui se passera si je ne suis pas payé ? », « Je ne connais pas suffisamment le système de distribution de ce pays », « Je vais être copié », « Je ne sais pas quel pays choisir », « Je n’ai pas les reins suffisamment solides pour lancer mon activité à l’étranger », etc.

J’ai déjà eu l’occasion de débattre de certaines de ces objections et je n’y reviendrai pas dans ce post. Je souhaite cette fois-ci attirer l’attention de ceux qui ont déjà réussi à passer outre ces frilosités, mais qui ont peut-être sous-estimé un autre aspect des difficultés du monde de l’export, celles liées aux différences interculturelles.

Je vous propose ainsi de partager un certain nombre d’expériences personnelles afin d’attirer votre attention sur différentes habitudes, différents mécanismes, différentes attitudes que j’ai pu observer dans 5 régions du monde que je connais particulièrement bien, soit pour y avoir vécu, soit pour y avoir passé beaucoup de mon temps avec des clients, partenaires ou concurrents.

Voici donc quelques observations au sujet du comportement en situation commerciale au Japon, aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Chine et dans les pays d’Europe de l’Est (principalement Russie, Pologne et Hongrie) :

Japon

– Les décisions doivent faire l’objet d’une forme de consensus, mais le poids de la hiérarchie biaise souvent ces décisions collectives.

– On aime négocier tout au long du processus d’échange, même parfois après qu’un contrat ait été signé.

– Les gens ne se serrent pas les mains, mais se saluent en se courbant l’un vers l’autre.

– Un dirigeant « senior » exigera d’avoir en face de lui un interlocuteur de niveau équivalent.

– Il n’est absolument pas coutumier d’organiser des déjeuners d’affaires. Les repas d’affaires se déroulent le soir.

– Il ne faut pas laisser le doute s’installer. Le doute est synonyme de risque potentiel qu’il convient d’éviter.

– Le Japon est une société très machiste.

– Le poids des anciens conglomérats est encore très présent en particulier dans la notion de réseau.

– Les Japonais aiment bien les cadeaux, et le cérémonial autour de l’offrande est très important.

– Il est important de savoir reconnaitre ses erreurs.

– Il n’est absolument pas de bon ton de laisser transparaitre ses sentiments.

– Un japonais n’utilise quasiment jamais le mot « non » tout seul.

États-Unis

– Il convient de privilégier les actions à court terme, concrètes, plutôt que les plans sur la comète…

– Un contrat est un contrat ! Ni plus, ni moins…

– Il faut aller de l’avant, innover et faire des choses nouvelles.

– Un bureau avec beaucoup de fenêtres est forcément le bureau d’un grand chef !

– Ils adorent les procédures dirigistes qui ne laissent aucune place à l’approximation.

– Un américain ne peut que très difficilement accepter de se voir donner des leçons de marketing par un français…

– On sait faire des affaires rapidement.

– Ils travaillent tôt le matin et finissent tôt le soir.

Royaume uni

– Les prises d’initiatives individuelles sont encouragées.

– Les contrats sont décortiqués et cela prend du temps à les élaborer.

– Le fond et la précision des données comptent peut-être plus qu’ailleurs, au détriment de la forme.

– L’esprit de compétition (voir de jeu) est très développé.

– Un homme d’affaires est toujours très bien habillé.

Chine

– Beaucoup de personnes sont superstitieuses et on ne pourra pas toujours faire ce que l’on veut n’importe quel jour.

– Faire des études de marché n’est absolument pas dans leur culture. C’est même perçu comme une perte de temps.

– La méthode de l’ajustement est privilégiée. On fonce et on corrige le tir au cas par cas pour s’adapter.

– La parole et les échanges verbaux sont très usités, plus que les écrits.

– Attendez-vous lorsque vous présentez un projet ou une offre à le faire plusieurs fois devant des groupes différents constitués d’un nombre important de personnes.

– Un chinois ne serre en principe la main d’un autre chinois que s’il ne l’a pas vu depuis longtemps.

– Le poids de l’histoire est important. Faire des choses nouvelles qui n’ont jamais été faites avant est d’autant plus difficile.

– Pour faire des affaires, il est plus facile d’avoir établi des liens directs avec ses interlocuteurs.

– Une délégation chinoise en voyage à l’étranger n’hésite pas à faire en sorte que les collaborateurs partagent leurs chambres d’hôtel à plusieurs pour limiter les frais.

Europe de l’Est

– Il est souvent hors de question d’aboutir à des compromis. Ils savent dire non et imposer leurs points de vue.

– Ce sont des hommes et des femmes de dialogue qui accordent une grande importance aux relations humaines.

– Prévoir des repas d’affaires bien arrosés (surtout avec les Russes…).

– Ils sont très sensibles au prestige des lieux dans lesquels vous organisez des réceptions ou des négociations.

– Il faut être patient et laisser le temps au temps…

Je laisse à chacun d’entre vous le soin de compléter ces listes qui sont certainement loin d’être exhaustives, mais qui ont le mérite de reposer sur du vécu… Et en même temps, souvenons-nous que les aprioris ont la vie dure et que, dans beaucoup de pays étrangers, nous autres français sommes encore perçus comme ceux qui passent 2 heures à table tous les midis ou qui sont d’indécrottables arrogants qui méprisent les étrangers…

Quand la culture modifie notre cerveau ! Version imprimable Suggérer par mail
Européens et Américains ont un comportement plus individualiste que les Asiatiques, au mode de vie et de pensée plus collectivistes. Ces caractéristiques bien connues se retrouvent en réalité dans la façon même de percevoir notre environnement ! Et même la manière de regarder les visages, que l’on croyait universelle, semble influencée par notre culture. Par Valérie Buron

Notre culture influence notre fonctionnement cérébral, le cerveau étant le reflet « gravé » de nos comportements. C’est ainsi que la modélisation de notre fonctionnement cérébral nous conduit à avoir une perception différence selon nos origines culturelles, alors qu’à la conception, nos cerveaux sont anatomiquement identiques ! Ainsi, par exemple, des adultes Occidentaux et Orientaux ne perçoivent pas les visages de la même façon. Alors qu’en Occident nous nous focalisons sur les traits qui composent un visage, les yeux et la bouche en particulier, en Asie, les visages apparaissent dans leur globalité : le regard se pose sur la partie centrale du visage.

Les Occidentaux Regardent Les Yeux Et La Bouche, Les Asiatiques Le Centre Des Visages
Pour mener à bien l’étude, des participants asiatiques et occidentaux devaient reconnaître des visages, à la fois occidentaux et asiatiques, ayant une expression neutre, de joie ou de dégoût. Durant une première phase (Apprentissage), ils mémorisent le visage, puis, ils doivent déterminer s’ils ont vu le visage précédemment ou s’il est nouveau (Identification). Enfin, ils évaluent s’il est occidental ou asiatique (Catégorisation). Dans l’image ci-contre, sur l’ensemble des six visages e…

Le résultat est révolutionnaire ! Car depuis longtemps, on pensait que la perception et la reconnaissance d’un visage étaient universelles : tout le monde utilise les différents traits du visage, de la même manière, pour ensuite stocker en mémoire une image globale de ce visage. Il n’en est finalement rien selon une étude de l’Université de Glasgow menée par Roberto Caldara (lire notre entretien ci-après). La stratégie que les gens utilisent est différente en fonction de la culture de laquelle ils proviennent. On sait depuis longtemps que lorsqu’ils regardent les visages, les Occidentaux ont une stratégie analytique : ils dessinent un triangle, en parcourant un œil puis l’autre, et enfin la bouche. Ce que l’on a montré de nouveau, c’est que les Asiatiques n’utilisent pas la même stratégie pour extraire l’information pertinente : ils collent leur attention au milieu du visage, sans faire de balayage. Ils ont une stratégie holistique : ils prennent toute l’information d’un coup. Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont ausculté les mouvements oculaires d’Anglais et d’Asiatiques de l’Est (Japonais et Chinois) avec une méthode de pointe, le « eye tracking » : les participants portent un casque dans lequel une caméra en infrarouge pointe sur la pupille. Sa position indique le point à l’écran sur lequel le sujet regarde l’image. La résolution est très bonne et la méthode très fiable.

Entretien Avec Le Docteur Roberto Caldara
↑ Roberto Caldara est maitre de conférences au département de psychologie de l’Université de Glasgow, en Ecosse.   On a longtemps pensé que la reconnaissance des visages était universelle. Roberto Caldara et son équipe viennent de montrer qu’elle serait en réalité culturelle. Un résultat inattendu.   Vous avez montré que la culture forme notre perception des visages et modèle notre cerveau. Mais existe-t-il aussi une part d’inné, de préformatage ? Nous sommes …

Des sociétés individualistes versus collectivistes
Selon les chercheurs, ces différences dans la façon d’aborder un visage pourraient s’appuyer sur les différences entre une société occidentale plutôt individualiste et une société orientale plutôt collectiviste. C’est aussi l’interprétation de Trey Hedden et de ses collègues de l’Université de Stanford et du MIT, aux États-Unis. Dans une étude récente, ils ont montré que cette influence culturelle s’étend bien au-delà de la perception des visages : elle soutient les jugements perceptifs les plus élémentaires. Il suffit de regarder comment le cerveau d’une personne qui observe de simples dessins répond pour prédire comment la personne conçoit les relations sociales, de façon individualiste ou collectiviste. Et éventuellement d’imaginer à quelle culture elle appartient et jusqu’où la personne croit aux valeurs véhiculées par sa culture. Par imagerie cérébrale, ils ont montré que les Occidentaux sont meilleurs pour estimer des positions absolues d’objets, tandis que les Orientaux réussissent mieux lorsqu’il s’agit d’indiquer des positions relatives d’objets. Par exemple, les Américains sont plus précis pour déterminer si deux lignes sont de même longueur (un jugement absolu) que pour estimer si deux lignes sont aussi longues que deux ronds sont distants (un jugement relatif). Chez les Asiatiques, c’est l’inverse : ils mettent l’accent sur les jugements relatifs. Avoir en tête que la culture nous fait voir le monde d’une certaine manière pourrait encourager la tolérance. ♦

> Hedden, Ketay, Aron, Markus, Gabrieli (2008). Cultural Influences on Neural Substrates of Attentional Control.
Revue Psychological Science, 19 (1), 12-17.

> Zilles, Kawashima, Dabringhaus (2001). Hemispheric Shape of European and Japanese Brains : 3-D MRI Analysis.
Revue NeuroImage, 13, 262-271.

> Kitayama, Duffy, Kawamura, Larsen (2003). Perceiving an object and its context in different cultures : a cultural look at new look.
Revue Psychological Science, 14, 201-206.


Vivre avec un Breton

10 novembre 2011

Quand on pense aux différences culturelles entre deux personnes, on pense à des religions, à des pays différents, on se dit mariage mixte, enfants métissés, mais jamais on ne pense à ces doux régionalistes qui se terrent dans une contrée humide et salée. C’est que je mange avec un Breton, je dors avec un Breton, je vais à des soirées avec un Breton, et je pars en vacances avec un Breton, et chaque fois son essence régionale s’exprime auprès de mon habitus de lyonnaise en exil.

Tout commence avec le beurre salé. C’est bon le beurre salé, c’est merveilleux avec des tartines, mais on sous-estime le militantisme et l’influence qui se cache dans cette plaquette de beurre. Très vite on se retrouve à réclamer du beurre salé à sa mère quand on rentre – dans une famille qui a des problèmes de tension – on le mélange à des tartines de Nutella, et si on prend par hasard des tartines dans un café un matin, on fait comme Monsieur, on va réclamer une salière avec. Nos artères ? Les problèmes de tension ? Mais non !

On apprend aussi que nos soirées crêpes de l’enfance sur un multi crêpes party n’en sont pas, elles sont un sacrilège, un blasphème : « surtout toi Marion qui fait des crêpes salées sur ton truc là ». Et le Breton de nous apprendre que le salé, c’est avec les galettes au sarrasin, pas à la farine de blé, et que non une galette « complète » ne se fait pas avec de la crème, voyons.

On apprend également à écrire le mot « kouign aman » – mot inconnu jusque-là – cadeau d’une belle mère nourricière quand Le Breton rentre de sa contrée natale : « Fais-le réchauffer ce sera meilleur », « Mais non c’est pas gras ».

Le Breton est persuadé d’être né dans un pays de cocagne, où il ne fait jamais froid avec toujours un grand ciel bleu et un soleil éclatant, ce qui peut s’avérer assez dramatique pour préparer des vacances : vous en bonne fille qui a passé ses étés dans le sud du pays, vous estimez que porter un gilet au mois d’août ce ne sont pas des vacances, quand lui trouve tout à fait normal de porter un pull de marin toute la journée : « Mais regarde il fait super bon ». Donc vous râlez, vous ne voulez pas vous les peler et avoir les cheveux qui frisent, lui a chaud à partir de 25C°. L’art du compromis en matière climatique est complexe, ce qui fait que quand on vous dit « En Bretagne il ne pleut que sur des cons », vous le prenez assez mal.

Au moment de choisir les vacances cela donnera peu ou prou cela :

« On peut aller en Bretagne une semaine un été !
– Mais non, je vais avoir froid.
– Mais non, je suis sûr qu’il fait aussi beau que dans le Sud en Bretagne… » et devant votre air perplexe qui menace d’allumer la Chaîne Météo pour vérifier : « Bon en Bretagne du Sud surtout ».

Puis après avoir fait preuve d’une considérable mauvaise foi climatique, il ajoutera :

« J’ai souvenir d’été où il faisait très chaud, un soir on a même pris un bain de minuit »

Dans la Manche donc, un bain de minuit, oui, oui.

Le Breton est également marin. Au début on se dit chouette un bateau, on prépare son bikini, la crème solaire, la serviette, on pense qu’on va manger des olives et boire du rosé. On se trompait, en vrai on sera trempé, un imper n’aurait pas été de trop, gelée, en pull, les cheveux emmêlés, car c’est ça la mer, la vraie, pas votre mer de pédés dans le Sud. Quand on voudrait tranquillement prendre le soleil comme la greluche que l’on est, le Breton écoute les histoires de son père qui part faire des traversées de plusieurs jours en se nourrissant de haricots blancs en conserve, à la dure, comme un vrai. Tout de suite, aller en Irlande en bateau c’est un poil plus frisquet.

Bien sûr le Breton est chauvin, amoureusement chauvin de sa patrie, mais chauvin quand même :

« Ma chérie tu es déjà allée au Mont St Michel ?
– Euh non, t’y es allé toi non ?
– Ah bah non !
– Bah ?
– C’est en Normandie ! »

Le pire étant quand le Breton se retrouve avec d’autres Bretons dans une soirée.
C’est un peu comme les retrouvailles d’une immense famille : et je te tape dans le dos, je te demande d’où tu viens, si tu connais mon grand-père, ma grand-mère, on a sans doute été au centre aéré ensemble, on fréquente la même crêperie, on a des copains en commun, des souvenirs de TGV pour y retourner, on compare les recettes de nos mamans. Et l’on dit aux autres (à tout hasard : vous l’étranger) que c’est le plus beau pays du monde, et que oui c’est vrai, il n’y pleut que sur les cons. Ils vont également se lancer dans un grand débat politique, « la ville de Nantes est-elle bretonne ? » « Faut-il brûler Nolwenn Leroy ? », puis ils vont tous se mettre d’accord en buvant un grand verre d’alcool et aller festoyer, fest-nozer sur la piste de danse. J’exagère à peine.

J’avoue aussi sans honte que la plus grande qualité du Breton est de ne pas sourciller quand j’écluse les mojitos et que je viens chanter faux les Forbans sur la piste de danse. Le matin, cela va même l’attendrir que j’entende le loup, le renard et la belette chanter.

http://www.mondedemarion.info/vivre-avec-un-breton/

Peut-on penser le monde sans distinguer la culture de la nature ? Rencontre avec Philippe Descola, qui a fait de sa vie un combat contre l’ethnocentrisme.
Philippe Descola : "Luttons contre le prêt-à-penser !"© Andersen Ulf / Sipa
Un plant de manioc peut-il parler à l’homme en rêve et lui dicter ce qu’il doit faire ? L’oiseau chassé peut-il être considéré comme un beau-frère ? C’est à ces questions que Philippe Descola a voulu trouver réponse. Le successeur de Claude Lévi-Strauss et de Françoise Héritier au Collège de France, lecteur assidu dans sa tendre enfance des grands livres reliés du « Tour du monde » – équivalent du National Geographic au tournant du XIXe siècle -, a ainsi fait de sa vie un combat acharné contre l’ethnocentrisme. En 1976, il ferme ses albums de Tintin pour rejoindre les vrais Jivaro, dans la forêt amazonienne. L’expérience dure trois ans, et lui ouvre les portes d’une autre compréhension du monde. Aujourd’hui directeur du Laboratoire d’anthropologie sociale, celui qui se définissait sur le terrain comme un « badaud professionnel » a décidé de se poser un peu pour mieux défendre sa théorie des approches du monde.

Lors de votre nomination au Collège de France, vous avez rebaptisé votre chaire « Anthropologie de la nature ». Un oxymore. Pourquoi ?

Notre conception du monde, qui consiste à séparer la nature des activités humaines, est loin d’être universelle : je cherchais un moyen efficace pour le montrer. L’anthropologue doit à tout prix dépasser cette séparation pour mieux appréhender le monde. Depuis la fin du XIXe siècle, notre discipline s’est fondée sur l’idée du relativisme méthodique : nous utilisons les catégories dans lesquelles nous nous pensons nous-mêmes comme étalon pour étudier les autres. C’est une terrible erreur. On ne peut tout de même pas choisir la famille monogame occidentale pour évaluer toutes les formes d’alliance matrimoniale dans le monde ! J’ai donc souhaité faire éclater ce carcan, qui ne faisait qu’obscurcir la nature même des systèmes chez les peuples étudiés.

Vous avez passé trois ans chez les Jivaro Achuar en Équateur. Est-ce cette expérience amazonienne qui vous a amené à réfléchir sur le rapport entre nature et culture ?

Elle a profondément changé ma vie et mes perspectives de travail. Un matin, vous vous réveillez, et l’homme qui vous héberge vous raconte qu’un plant de manioc lui a parlé en rêve. Puis, au fil du temps, vous vous rendez compte qu’il n’est pas le seul à rêver d’une nature dotée d’intentionnalité. Les Achuar se lèvent très tôt – vers trois heures du matin – et se réunissent autour d’un feu pour décider ce qu’ils vont faire de leur journée. En fonction de ce qu’ils ont rêvé. Rêver de pêcher un poisson est un bon signe, paradoxalement, pour aller à la chasse. Rêver de tuer un pécari est une bonne indication pour aller à la pêche. Il y a donc ces songes étranges et récurrents, qui vous préoccupent et que vous peinez à décrypter, mais aussi ces incantations magiques que les gens chantonnent en permanence, et qui servent d’outils de connexion entre humains et non-humains. Par exemple, vous êtes hors de ma vue, mais, pour vous influencer, je vais chanter mentalement un air qui va agir sur vos décisions.

N’est-ce pas la raison d’être de l’anthropologie que d’expliquer ces situations ?

Absolument. Mais même l’anthropologue peut passer à côté de cette question fondamentale : pourquoi notre représentation d’Occidental serait-elle plus légitime que la leur ? Les Jivaro ne séparent pas la culture de la nature ; ils lui attribuent des propriétés que nous, Occidentaux, croyons spécifiquement humaines. Quand j’ai découvert cela, j’ai commencé à remettre en cause cette vision dualiste propre à l’homme moderne.

Dualité somme toute récente…

Oui, l’idée de nature ne prend sa forme définitive qu’au XVIIe siècle, et même chez Rousseau, l’opposition entre nature et société n’existe pas encore. Nous devons la notion de culture telle que nous l’entendons aujourd’hui à l’Allemagne du XIXe siècle. Le sociologue Norbert Elias a très bien montré dans Le procès de la civilisation l’ampleur de la réaction germanique contre l’universalisme de la philosophie des Lumières. L’Allemagne n’était pas encore un pays à proprement parler à cette époque et elle se questionnait sur son identité. La langue, bien entendu, mais aussi la religion, les coutumes, l’histoire commune ont permis de déterminer des spécificités propres au peuple allemand. Puis, cette idée a traversé l’Atlantique et a prospéré aux États-Unis sous la houlette de l’un des pères fondateurs de l’anthropologie américaine qu’est Franz Boas. C’est de là que vient l’idée largement répandue en Occident qu’il y a, d’un côté, un monde naturel et, de l’autre, une grande variété de cultures qui s’adaptent à cet environnement. C’est ce que j’appelle le « naturalisme ».

C’est l’objet de votre livre Par-delà nature et culture, paru en 2005. Mais n’est-ce pas dangereux de vouloir remettre en cause cette séparation entre culture et nature ? Après tout, on lui doit aussi le progrès…

Il ne s’agit certainement pas de l’éradiquer. Mais il est important de rappeler qu’il existe d’autres systèmes, tout aussi crédibles ailleurs, et qu’on ne peut appréhender une société qu’en assimilant son mode de pensée. Nous, les Occidentaux, considérons l’homme comme une entité distincte, parce qu’il possède une conscience, un cogito, une intériorité. Mais, d’un point de vue purement physique, rien ne le distingue des autres objets, puisque son corps est soumis aux mêmes principes chimiques et physiques. Êtres animés et inanimés subissent de la même manière l’attraction terrestre, par exemple. Pour l’Occidental, il y a donc discontinuité sur le plan de l’intériorité, mais continuité physique avec la nature. Eh bien, pour les animistes, et les Jivaro en sont un bon exemple, c’est tout le contraire. Les plantes, les animaux sont considérés comme des personnes, dotées d’une intériorité qui leur confère une certaine sensibilité, voire une vie sociale… Mais d’un point de vue physique, chacun d’eux a un corps particulier, doté d’atouts biologiques spécifiques, qui lui donnent accès à un certain type de monde. Il y a le monde du poisson, celui du papillon, du toucan… Et ces mondes communiquent entre eux, dans les rêves, par exemple.

Vous distinguez quatre modes de pensée…

En plus du mode dualiste des Occidentaux et de l’animisme, le totémisme, très présent en Australie et qui consiste à regrouper humains et non-humains partageant les mêmes propriétés au sein d’un même groupe. Chaque totem représente en quelque sorte une caractéristique de comportement qui peut correspondre aussi bien à l’homme qu’à l’animal. Vous avez par exemple le totem de l’agilité, celui de la paresse… Et, enfin, l’analogisme, une forme très courante, qu’on retrouve aussi bien en Chine qu’en Inde, au Mexique ou même en Afrique de l’Ouest et n’est pas si loin de nous, puisqu’il a été notre système de pensée en Europe, de l’Antiquité jusqu’à la Renaissance. Dans ce système, le monde est composé de singularités reliées entre elles et ordonnées par un dispositif de correspondances. En Inde, ce sont les castes qui hiérarchisent la société ; dans la pensée chinoise, on décèle des analogies entre certains éléments du monde et on les relie par des tableaux de correspondances… Et en Occident, de Plotin jusqu’à l’aube du naturalisme, on a considéré que tous les êtres étaient organisés le long d’une échelle qui va du plus parfait (Dieu) au moins parfait (les plus petites entités). Je crois que l’étude de ces quatre formes est indispensable à l’anthropologue.

Quels sont les enjeux de l’anthropologie aujourd’hui ?

Le même qu’hier, c’est-à-dire d’échapper au prêt-à-penser. C’était le cas dès les origines de la discipline, mais je pense que ça devient de plus en plus nécessaire. La connaissance de l’autre doit nous permettre de nous libérer de la tyrannie du quotidien et de penser que d’autres futurs sont possibles. Certes, c’est ce que les philosophes font aussi. Mais nous avons l’avantage sur eux de pouvoir jouer sur des expériences historiques, géographiques, sociologiques extrêmement variées, qui montrent l’étendue des solutions apportées à tel problème ou à telle société. Je crois que l’anthropologue doit conserver une certaine foi dans l’inventivité collective. Même si c’est loin d’être toujours facile ! Et puis, il y a un autre aspect, non moins fondamental, c’est de s’intéresser aux conséquences de nos théories dans d’autres domaines. Je serais très intéressé, par exemple, de voir si les différents modes de pensée que j’évoquais tout à l’heure ont une base psychique. Je suis d’ailleurs en contact avec un psychologue qui est en train d’y travailler. Il m’arrive aussi de collaborer avec des médiévistes, des hellénistes…

Êtes-vous retourné chez les Jivaro ?

Bien sûr, à plusieurs reprises. Mais ça fait une dizaine d’années que je n’y suis pas allé. C’est quand même amusant que vous me posiez cette question, car il s’avère que j’ai rêvé d’eux cette nuit. C’est étrange, ils vivaient dans un contexte urbain, dans une ville en tôle ondulée et en béton, avec des voitures partout… Je sais très bien que ce n’est pas le cas, car j’ai des nouvelles de temps en temps. Ils sont encore relativement isolés. Il n’y a toujours pas de routes et on peut pénétrer chez eux avec de petits avions, seulement avec leur permission. Ils ont réussi à se protéger relativement bien de la spoliation territoriale ; c’est quand même le plus important, non ?

Cette interview est à lire dans sa version intégrale dans le Point Références36 : « Comprendre le Moyen Âge » (novembre-décembre 2011).


« Le XXIe siècle américain sera ‘asiatico-pacifique' »

Point de vue | IRIS | 07.11.11 | 12h13   •  Mis à jour le 07.11.11 | 14h07

par Fabienne Clérot, chercheure associée à l’IRIS

La dimension culturelle du bonheur… et du malheur français

Point de vue | LEMONDE.FR | 28.10.11 | 09h15   •  Mis à jour le 28.10.11 | 09h17

par Claudia Senik, professeur à l’université Paris-Sorbonne et à l’Ecole A l’heure où de nombreux pays se mettent en ordre de marche pour mesurer le bien-être « au-delà du produit national brut (PNB) », suivant les recommandations du rapport Stiglitz-Sen (2009), l’Insee vient de rendre public le résultat d’une enquête auprès des Français, confirmant les leçons des enquêtes internationales : sur une échelle de bonheur graduée de 0 à 10, les Français se placent en moyenne à 7,2. Il s’agit d’une très mauvaise note. Ainsi, parmi les treize pays européens qui ont participé à l’enquête European Social Survey depuis 2002, seul le Portugal obtient un score de bonheur moyen plus faible (6,8), avec des conditions de vie matérielles beaucoup plus défavorables.

Dans cet esprit, on peut estimer la relation statistique typique entre développement et bonheur. Il apparaît que les Français se sentent bien moins heureux que ne le prédirait leur indice de développement humain (IDH), qui prend pourtant en compte non seulement le revenu par tête, mais aussi l’éducation et l’espérance de vie à la naissance : une perte d’un demi-échelon sur l’échelle de bonheur, ce n’est pas négligeable pour une variable de ce type.

Avec un IDH identique, les Belges sont à 7,7… et les Danois à 8,3. Le fait de vivre en France réduit de 20 % la probabilité de se déclarer très heureux, c’est-à-dire au-dessus du septième échelon, et cela depuis aussi longtemps que les statistiques sont disponibles (depuis les années 1970). La France connaît également le taux de consommation de psychotropes le plus élevé en Europe, ainsi que l’un des plus forts taux de suicide, notamment chez les jeunes, ce qui n’est pas le cas du Portugal par exemple.

Pourtant le « malheur français » ne s’étend pas aux immigrés. S’ils sont moins heureux que les Français « de souche », ce qui est toujours le cas des immigrés par rapport aux « natifs », les immigrés ne sont pas moins heureux en France que dans d’autres pays d’Europe. Cette remarque suggère que si le malaise des Français est en partie dû à leurs conditions de vie objectives, il relève peut-être aussi de leur « mentalité », c’est-à-dire de l’ensemble des mécanismes et dispositions psychiques et idéologiques qui constituent le processus de transformation des expériences en bien-être.

Enfin, une partie de ces processus mentaux est dotée d’une certaine persistance au cours du temps, et se transmet de génération en génération, constituant une troisième composante que l’on peut qualifier de culturelle. On peut alors tenter d’identifier le rôle respectif de ces trois composantes du bien-être (circonstances, mentalité, culture) propre à chaque pays, en distinguant, au sein de chaque pays, les « natifs » (Français « de souche » par exemple), les immigrés de première génération et les immigrés de deuxième génération.

Tous ces groupes partagent la même expérience des circonstances objectives de leur pays de résidence, mais leur « mentalité » ne s’est pas forgée dans les mêmes instances de socialisation primaires (école, famille), de même qu’ils n’ont pas hérité d’une « culture » totalement identique. Ces différences entre groupes et entre pays permettent d’identifier les composantes qui façonnent la spécificité de chaque pays en matière de bien-être ressenti.

On vérifie empiriquement que la mentalité et la culture jouent un rôle très important. En France, elles expliquent la plus grande part de l’écart de bien-être, loin devant les circonstances objectives. On constate également que les Français vivant à l’étranger sont moins heureux que d’autres Européens vivant hors de leur pays d’origine. Enfin, les immigrés ayant été scolarisés en France avant l’âge de 10 ans en France se déclarent moins heureux que ceux qui ne l’ont pas été. Des exercices de simulation montrent que si les conditions de vie des Français étaient vécues par les Belges (par exemple), elles conduiraient à un niveau moyen de bonheur bien plus élevé. De manière générale, le niveau de bien-être déclaré par les émigrés Européens est corrélé avec le niveau moyen de leurs compatriotes restés au pays, une preuve de la dimension culturelle du bien-être.

Si le bien-être subjectif doit constituer un objectif de la politique publique, il est important de reconnaître le rôle joué par les dispositions culturelles au bonheur, les importantes différences internationales qui existent dans ce domaine, et le rôle particulier de l’école dans leur formation.

Pourquoi les Japonais ferment-ils les yeux en réunion?

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yeux fermés Vincent van der Pasvia Flickr CC License by

Bon nombre d’Américains se demandent pourquoi les Japonais s’endorment constamment lors de réunions professionnelles. Détrompez-vous, ils ne dorment pas, au contraire, lorsqu’ils ferment les yeux c’est signe qu’ils sont particulièrement attentifs à ce qui est dit, selon un article du Japan Intercultural Consulting.

Pour les Japonais, fermer les yeux permet de se concentrer sur ce qui est dit et de se débarrasser d’éléments visuels qui pourraient les distraire et donc d’accéder à une meilleure compréhension, selon l’article –et ceci d’autant plus, lors de réunions professionnelles en anglais et non dans leur langue maternelle.

Contrairement aux Américains, les Japonais n’ont pas l’habitude de soutenir du regard les personnes en train de parler. Il n’y a absolument aucune atteinte ou connotation négative sous-jacente lorsqu’ils ferment les yeux. Mais cela peut être perçu comme très impoli voire insultant par les Américains.

Souvent, les cadres dirigeants de l’entreprise ferment les yeux lors des réunions de travail en inclinant souvent un peu la tête comme s’ils faisaient un petit somme.

Cette posture est en réalité une façon pour eux de ne pas laisser transparaître des signes d’approbation, de désapprobation, d’intérêt ou de désintérêt. Ils restent ainsi le plus neutre possible.

C’est aussi une manière pour eux de signifier qu’ils ne mènent pas la réunion de travail, et de laisser la voie libre à des employés, parfois plus jeunes, qui auraient peut-être du mal à attirer l’attention de la salle autrement. Une façon pour eux de se faire oublier donc, et il est très fréquent que les dirigeants japonais se placent en retrait ainsi lors de réunions.

De manière générale, le silence est perçu comme une attitude digne de respect dans la culture japonaise, beaucoup plus appropriée pour un dirigeant que le bavardage.  Ce qui est bien éloigné des habitudes américaines, où c’est le plus souvent les dirigeants qui mènent les réunions de travail, prennent la parole.

En plus de l’habitude de fermer les yeux lors de réunions, un article de the Economist de 2008 est consacré aux habitudes culturelles japonaises professionnelles, lors des repas, qui peuvent sembler étranges au premier abord, à quiconque est peu familier de cette culture.

«Ne soyez pas énervé des silences, pauses en plein milieu d’une conversation. Elles sont des éléments importants de la communication au Japon», ou encore, «le petit déjeuner est un rite solitaire, sauf s’il s’agit d’un brunch».

Photo: yeux fermés Vincent van der Pasvia Flickr CC License by

Management | LE MONDE ECONOMIE | 17.10.11 | 15h46

par Jean-Marc Le Gall, conseil en stratégies sociales, professeur associé au Cel

Comment dit-on « code éthique en vietnamien »

Les entreprises engagées dans la mondialisation, confrontées aux différences culturelles entre leurs salariés, doivent relever deux défis paradoxaux : conserverla maîtrise de leur management global et réussir leur acculturation locale.

Cette complexité apparaît dans l’étude de cas originale réalisée par Alain Henry, directeur de l’Agence française de développement au Vietnam (« Les traductions vietnamiennes d’un code d’éthique français », Gérer et Comprendre, juin 2011, n° 104).

Elle remet en question le cliché selon lequel le conditionnement culturel des Vietnamiens (et des Asiatiques en général), qui les porte en apparence à une attitude de déférence et un fort contrôle de soi, les priverait de tout sens de l’initiative et des responsabilités.

ÉDUCATION COMMUNISTE ET TRADITION CONFUCÉENNE

Héritage de l’éducation communiste et tradition confucéenne sont habituellement invoqués pour expliquer cet habitus problématique aux yeux des managers occidentaux.

Le point de départ de cette étude est la déception du directeur d’une entreprise française lorsqu’il découvre le ton très autoritaire de la traduction en vietnamien du « code d’éthique » diffusé dans ce pays.

Mais la comparaison ligne à ligne des versions vietnamienne et française révèle que les différences tiennent autant aux choix des traducteurs qu’à la langue elle-même.

L’étude rappelle d’ailleurs que les managers français ont eux-mêmes opéré un semblable déplacement des contenus des chartes éthiques d’origine américaine mises en place depuis une dizaine d’années. Ce qui est en jeu, rappelle Alain Henry, c’est la diversité des représentations du lien social.

Le code d’éthique vietnamien restitue les valeurs du document initial, mais suggère une autre conception des relations entre personnes, éloignée des stéréotypes.

DIRECTION MORALE

En particulier, il exprime une direction morale, sans laisser de place au jugement des salariés : « appliquer » devient « la voie qu’il faut suivre ». Les normes éthiques y apparaissent comme des « vertus ».

Mais il exclut la représentation d’une société communautaire (l’individu, la personne y sont mentionnés trois fois plus que dans le code français), et le pouvoir des dirigeants y apparaît plus strictement délimité.

Le modèle sous-jacent est celui de la famille : l’affirmation de soi s’efface derrière les rôles relatifs, définis autant par l’âge que par la position occupée dans l’entreprise.

Les salariés vietnamiens apparaissent plus comme un groupe d’individus que comme un collectif. « Le lien social s’incarne au travers d’une symbolique familiale et de nombreux cérémonials », mais pas dans un sentiment d’appartenance à l’entreprise.

Si la conformité apparaît plus valorisée que l’initiative, cette analyse suggère que cette dernière est en fait omniprésente, mais canalisée par le respect des rites et des relations. Si, bien sûr, le chef sait la susciter et l’entretenir, faute de quoi l’obéissance fera également défaut !

08/01/2012 | Lionel Meneghin |
Développer la capacité critique et d’étonnement des managers
Depuis quelques années, la philosophie retrouve certains égards auprès des professionnels de l’entreprise. Effet de mode ? Sans doute un peu. Mais plus profondément, c’est bien une lame de fond qui traverse aujourd’hui nos organisations. Pouvons-nous continuer ainsi ? Comment changer ? Comment trouver ce qui nous manque, ou retrouver ce qui nous a été confisqué, à savoir le sens du travail ?

ÉCRIT PAR

Lionel Meneghin
Dirigeant
Philogos
VOIR SON
PROFIL
SUR LE CERCLE

19/10/2011 | 10:31
« Variations autour du sens – Conseiller, diriger, entreprendre »
la suite
26/11/2010 | 17:50
Un étrange besoin de philosophie
la suite
SUR INTERNET
Retrouver le chemin du travail (1re partie)
Retrouver le chemin du travail (2ème partie)
La conscience que nous avons de ces questions est, aujourd’hui plus que jamais, d’une extrême acuité. C’est sur ce marché florissant que bon nombre de coachs essaient aujourd’hui de tirer leur épingle du jeu. Mais depuis des millénaires, c’est aussi le rôle de la philosophie que de poser la question du sens. C’est son rôle d’interroger toute les disciplines, tous les objets. Parmi ceux-là, l’économie, le management et l’entreprise ne font pas exception. Si la philosophie et l’entreprise ne se sont jamais véritablement rencontrées par le passé, nous sommes aujourd’hui à l’aube de temps nouveaux. Un vœu pieux ? Plus que cela… Une impérieuse nécessité. Le philosophe Jacques Bouveresse, professeur au Collège de France, le professait déjà il y a quelques années : « Aujourd’hui, il semble de plus en plus admis qu’il n’y aura pas de salut pour les entreprises si l’on n’y fait pas entrer d’une manière quelconque et sous une forme ou sous une autre la philosophie, en tout cas une certaine dose de philosophie ».

Ce rapprochement doit commencer là ou beaucoup de choses se mettent en place dans la formation des manager, à savoir à l’école. La tâche est immense. Quoi de plus éloigné, étranger l’un à l’autre, qu’une faculté de philosophie et une école de commerce. La première se prévaut de former des Hommes capables de penser le monde et son évolution ; l’autre de professionnaliser des étudiants pour les insérer au mieux dans le monde du travail. Entre les deux, un fossé.

Le rôle de l’éducation n’est pas d’insérer les jeunes dans le monde tel qu’il est. Ni de nourrir de connaissances abstraites des étudiants dont le seul avenir est de venir grossir les rangs des chômeurs ou d’accéder à des professions sans rapports avec leur qualification et niveau de diplôme. Le rôle de l’éducation est de former des hommes et des femmes capables de construire le monde de demain. Le rôle d’une école – fût-elle de commerce – n’est pas simplement de fournir « de la chair à patron », mais d’élever (au sens de tirer vers le haut) des individus jusqu’à l’autonomie. C’est une exigence à la fois économique et citoyenne. Une exigence qui coïncide maintenant de plus en plus avec la plupart des attentes des DRH lorsqu’il s’agit de recruter des collaborateurs. Au moins au niveau du discours.

L’heure n’est plus au formatage des esprits, mais à leur ouverture la plus large, et pas seulement sur le seul plan interculturel. Comme des entreprises fonctionnant sur le modèle de toutes les autres, les écoles de commerce « se tirent la bourre » pour être les plus internationales et professionnalisantes possibles. Elles devraient également se jauger entre elles sur la capacité qu’auront leurs étudiants à construire le monde de demain, et non à en répéter les tristes erreurs. Qui mieux que la philosophie permet de rendre cela possible et d’élargir les frontières mentales ? Inoculer une dose de cette discipline dans les programmes des écoles de commerces ne serait pas un mal.

Les facultés de philosophie de leur côté, sclérosées dans des schémas marxisants, voient souvent en l’entreprise le mal absolu. Elles dont l’objectif est de permettre à leurs étudiants d’être en capacité d’éclairer un certain nombre de problématiques, ne s’intéressent finalement très peu, pour ne pas dire pas du tout, à cet objet non identifié qu’est l’entreprise. « On ne désire pas ce qu’on ne connait pas », affirmait Ovide. Comment des étudiants en philosophie peuvent-ils alors désirer une carrière dans le secteur privé marchand ? Pour la majorité de ceux qui s’engagent aujourd’hui dans un parcours universitaire en philosophie, l’enseignement –qui plus est à vie – ne constituera pas un débouché professionnel. Pour ces jeunes, l’ouverture vers le monde de l’entreprise doit donc devenir la règle et non l’exception.

Faire s’interpénétrer la culture des Humanités et celle de l’entreprise, voilà le défi à relever en France. Dans les pays anglo-saxons, celles-ci n’ont jamais été ennemis ou simplement étrangères. Les passerelles ont toujours existé entre elles. A l’ère de l’économie de l’immatériel, la formation de l’intelligence et du cœur de nos futurs managers s’avèrera un atout décisif dans la compétitivité des entreprises du XXIème siècle.

Culture-Economie

Le Vietnam

Le Têt

  • Il s’agit d’une fête comparable à celle du nouvel an occidental, mais ceci expliquant le décalage dans un calendrier luni-solaire utilisé par les Vietnamiens depuis plus de 2000 ans. Ce dernier comprend douze lunaisons (355 jours) et un mois intercalaire (tháng nhuận) ajouté tous les trois ans pour rattraper l’écart avec l’année solaire (365 jours).

Le Têt, ou Nouvel An Vietnamien, commence le premier jour du premier mois de l’année lunaire. C’est pourquoi, on l’appelle « Têt Nguyên-Dan » en vietnamien, ou Fête du Premier Matin, considérée comme la fête traditionnelle la plus importante, la plus attrayante et la plus pittoresque de toute l’année.

  • Le Têt se déroule à la charnière entre deux années lunaires. Il marque la fin d’un cycle de la nature. C’est à la fois la fin de l’hiver et le début du printemps – la saison sacrée du renouveau universel, animal et végétal.
  • Le Têt est l’occasion d’un pèlerinage aux sources : la famille se rassemblent, des ancêtres sont accueillis dans la maison, les pagodes sont reçu des offrandes, etc. Cela est pour espoir d’obtenir la chance et la bonne santé pour l’année à venir.
  • C’est le moment où l’on laisse provisoirement ses soucis de côté pour se consacrer à ceux qu’on aime et leur exprimer par de belles paroles et de la sincérité de ses sentiments.

http://www.globedor.com/culture/f-te-du-tet-2010-lann-e-du-tigre-nouvel-du-vietnam

info de la CCIFV, Un article intéressant sur l’Economie du TET:

Le Têt est avant tout une période de festivités et de joie, pendant laquelle les vietnamiens dépensent sans compter. Ces achats sont la traduction de la croyance que nouveaux vêtement et nouveaux biens soient les symboles d’un nouvelles année prospère…

Si les marchés connaissent un gros pic d’affluence au moment du Têt, c’est aussi parce que peu de commerces sont ouverts la première semaine du Têt. Chacun s‘affaire alors les jours précédents Têt pour faire ses derniers achats et préparer les deux semaines à venir…

Imitant la grande distribu- tion, nombreux sont les détaillants proposant des soldes allant de 30% à 50%, profitant du Têt pour réaliser la majeure partie de leur chiffre d’affaires annuel…

Nouveauté de cette année, le fort développement des sites de vente en ligne de pair avec une couverture grandissante d’Internet sur l’ensemble du pays…

Si le Têt est une forte période d’activité pour l’ensemble de l’économie, c’est aussi la pé- riode propice pour le gouvernement de for- muler sa vision du pays, renforcer son mes- sage et ses valeurs lors de ses vœux.

Article complet sur demande

CENT VALEURS SURES A DECOUVRIR DANS LA MEGAPOLE DU SUD

Le Comité populaire de Hô Chi Minh-Ville a dévoilé le 25 février les noms des lauréats du concours « Hô Chi Minh-Ville et ses 100 valeurs originales ». Ce programme vise à faire découvrir aux touristes domestiques et internationaux les valeurs culturelles locales et les produits touristiques les plus typiques. Hô Chi Minh-Ville veut se présenter comme une destination à la fois attrayante, sympathique et sûre.

Le jury comprenait des responsables du Service de l’industrie et du commerce, de journaux réputés de la ville tels Sai Gon Giai Phong (Sai Gon libéré), Tuôi Tre (Jeunesse) et Sài Gon Tiêp Thi (Sai Gon Marketing). Ils ont évalué les 100 valeurs les plus originales de la mégapole du Sud, choisies par les touristes nationaux.

Ainsi, le jury a sélectionné les 10 programmes de découverte de Hô Chi Minh-Ville les plus intéressants, les 10 adresses culinaires les plus représentatives, les 10 services de soin de santé les plus réputés, les 10 espaces de loisirs les plus attrayants, les 10 meilleures adresses de shopping, les 10 événements culturels, sportifs et touristiques les plus typiques de la ville.

Les 10 adresses culinaires sont : les restaurants Ngon, Din Ky, Hoàng Ty, Ngoc Suong Banh xeo an la ghiên (crêpe), Com niêu Sài gon (riz cuit dans une petite marmite en terre cuite), le site touristique de Binh Quoi 1, Làng nuong Nam Bô (village des plats de viande grillée du Sud), Lâu nam Ashima (soupe de champignons et de viande) et Pho Hoà.

Les 10 espaces de loisirs sont : parc Dâm Sen, karaoké Nice, site touristique Suôi Tiên, Théâtre Hoà Binh, 5B, Idecaf , Phu Nhuân, café Dông Dao, cinémas Galaxy, Megastar.

Les 10 adresses de shopping sont : An Dông Plaza, marchés Bên Thành, Binh Tây, Diamon Plaza, Parkson, Saigon Square, supermarchés Big C, Coopmart, centres commer- ciaux Tax et Zen Plaza.

Les 10 sites à visiter : musée Hô Chi Minh (port Nhà Rông), Musée des séquelles de guerre, Musée de l’histoire, marché Bên Thành, pagode Binh Nghiêm, parc devant le Comité populaire municipal, palais de l’Indépendance, tunnels de Cu Chi, site touristique Cân Gio-Vàm Sat, église Notre-Dame, Poste municipale.

Les 10 produits typiques sont : ao dài (tunique traditionnelle des Vietnamiennes), café, céramiques et porcelaines, broderies faits à la main, noix de cajou, soieries, nem Thu Duc, durian, pomme étoilée, mangue Hoà Lôc.

Et, enfin, les 10 événements culturels, sportifs et touristiques les plus typiques de la ville : floralies dans la rue Nguyên Huê, floralies printanières, cérémonie de culte des rois Hùng, fondateurs de la nation, fête Nghinh Ong Cân Gio, fête des fruits du Sud et festival gastronomique international.

http://lecourrier.vnagency.com.vn/default.asp?xt=XT33&ct=CT51&page=newsdetail&newsid=60352

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